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SEPARATION DANS LE MONDE DE LA SEPARATION

(Argument visuel et sonore pour deux danseurs-chorégraphes)
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DUO SOLI
Publié le : 20/08/2010 12:18:41
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DUO SOLI

SEPARATION DANS LE MONDE DE LA SEPARATION

 

(Argument visuel et sonore pour deux danseurs-chorégraphes)

     

 

conception & mise en forme

 

Jean-Louis DHERMY (électroacoustique)

Jean-Pierre HAMON (hypergraphique)

Laurent POUJOULAT (informatique)

 

 

 

création pour la scène 2010

 

Mohamed BALLO dit TIMOTHE (danseur-chorégraphe)

avec

Mohamed BALLO dit TIMOTHE (danseur)

Estelle GBABRE (danseuse)

 

costumes

Florence GANIA (stylisme et façonnage)

Amadou KOUYATE (dessin et impression sur bogolan)

 

 

A l'aube du troisième millénaire, en nous gardant bien de décrire un anthropomorphisme de la danse (comme tout essai de polysémie du langage et du corps), nous avons jeté un tapis de fleurs sur le chemin d'une autre « déconstruction » par la mise au point d'un alphabet chorégraphique qui efface l'arbitraire du signe dans une interaction de la pensée et du geste et ce, afin de reconduire toutes les visibilités, faire proliférer les énoncés en tout genre (qu'ils soient lyriques, épiques ou dramatiques) en vertu de leur spontanéité et de telle manière qu'ils exercent sur le réel une détermination infinie, un glissement inédit entre parole et regard, écriture et danse.

 

Notre alphabet chorégraphique a tiré directement son origine d'une signalétique affichée dans l'espace public [se composant de deux figures stylisées, représentant soit une femme, soit un homme].

 

Sur le principe de la décomposition-recomposition de ces deux figures [par l'articulation d'une partie de la figure de la femme avec une partie de celle de l'homme], nous avons élaboré vingt-six nouvelles figures permettant la reconnaissance des lettres de l'alphabet et pouvant se lire comme une nouvelle écriture en même temps qu'un langage appliqué au corps.

  

Quels en sont les principes de base ? Ils se réduisent à trois.

 

     Principe I Les voyelles sont composées uniquement à l'appui des têtes (*) des deux figures soit dans leur position respective, soit inclinées, morcelées ou encore mises ensemble.

 

     Principe II Tout le reste du corps des deux figures sert à articuler la construction des consonnes sur le même principe [éléments de la figure de la femme s'imbriquant avec des éléments de la figure de l'homme pour approcher la reconnaissance de chaque consonne].

 

(*) Chacune des deux têtes est positionnée dans un cartouche afin d'en faciliter la lecture.

  

     Principe III La construction des lettres « F » et « H » [symbolisant respectivement la femme, l'homme] conserve les deux figures entières, non morcelées, et se détachent du lot des autres consonnes.

 

(Ces trois principes de bases font l'objet de commentaires à la rubrique « NOTES [visuelles] » de la page suivante.)

 

Notre alphabet chorégraphique se démarque d'une grammaire de la notation à l'instar de celle proposée d'abord par Rudolf LABAN, puis par Rudolf BENESH, puisqu'il ne rend pas compte, par l'écriture d'une partition, du déroulement in extenso d'une chorégraphie préexistante. Il se place toutefois dans la perspective de cet héritage historique.

 

Notre alphabet chorégraphique par contre élargit de manière concrète et significative le champ d'investigation de l'écriture et de la parole (qu'elles soient descriptives, discursives, poétiques ou allusives) en se calquant et se synchronisant directement sur l'expression du corps d'un danseur-chorégraphe et sans effet aucun de mimétisme. Et vice et versa.     

 

Deux remarques techniques.

 

L'alphabet a été conçu tel quel dans une version informatisée et adapté directement sur le clavier d'un ordinateur pour l'écriture de textes. Par extension, il peut être utilisé dans l'espace où se déroulera la danse, par exemple à l'appui d'un système de projections lumineuses sur le sol ou sur les murs.

 

La création de la musique choréo-graphique est postérieure à celle de l'alphabet. Sa durée est de 21'30. Elle se subdivise en cinq parties toutes dénommées « Trajectoires » [1 à 5] et est jouée in extenso dans un rapport « fortuit » à la déclinaison des sept strophes du poème par le chorégraphe Mohamed BALLO, dit TIMOTHE, et la danseuse Estelle GBABRE.

 

En guise de conclusion, il s'agit bien pour nous de faire acte de poésie rythmique comme une métaphore originelle entre sens et non-sens en portant notre argument visuel et sonore pour deux danseurs-chorégraphes au niveau esthétique (voire théorique) de son propre dépassement.

 

On ne peut dépasser l'art sans réaliser la danse.

 

 

Paris, le 1er mai 2010


Timothé BALLO et Estelle GBABRE Copyright JPHamon / DUO SOLI 2010
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