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AfriCaen-Caen
Je suis un nègre blanc qui mange du cirage
Parce qu'il se fait chier à être blanc, ce nègre,
Il en a marre qu'on lui dise : " Sale blanc !"
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MARC BELLET

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A Aimé Césaire
Publié le : 15/10/2005 09:23:00
Bas de page

L'AFRIQUE EST BELLE

Aragon_f_4 Hier encore, le sommeil m'a emmené chez toi et, d'étoile en étoile, j'ai échoué entre tes bras. Je ne sais quels liens ont tissés tes rivages mais, à chaque rosée, ce sont mes doigts qui s'y emmêlent. J'ai appris à prononcer ton nom, ô mon Afrique. Deux syllabes et c'est tout, deux syllabes et tout se tient debout, deux syllabes et mon coeur tout au bout. Les mains prises à tes poignets blessés, j'écoute l'harmattan me parler de ta vie : il me dit que l'écume est la haine des hommes et qu'elle lèche tes côtes depuis la nuit des temps, il me dit que le sel assèche tes lèvres creusée et qu'aux croisées des chemins s'aiguisent les convoitises. Il me crie que tes baisers portent la marque du fer, que tes mots mutilés se noient dans le désert, et que les rivières charrient le sang de tes artères mais l'harmattan me dit aussi qu'au bout de la souffrance surgit l'humanité et s'arment les courages.

Bedouin Avant que je ne caresse enfin tes paupières rougies, d'autres voix sont venues délivrer ton silence. Le chant de la négritude a plané sur l'asphalte de mon Occident et je l'ai dévoré comme pour mieux te sentir battre en moi, le Cahier d'un retour au pays natal sous le bras. J'ai vu ton grave visage se dresser derrière les caractères d'imprimerie d'un Discours sur le colonialisme. J'ai vu tes mains se nouer et dénouer le silence d'un soleil isolé, sur fond de Soufrières. Un enfant noir m'a fait verser des larmes et des versets d'espoir.

Djemma_elfna_1 Un beau soir de mars, j'ai planté mes amarres à Marrakech. Je suis venu à toi dans l'ombre, l'oeil élargie et la main nue, et je t'ai reconnue. Je te savais immense, tu étais gigantesque, je te savais troublante, tu étais bouleversante. Je n'avais fait qu'imaginer, toi, tu savais exister. J'avais croisé tant et tant d'êtres accrochés au temps, le nez sur le pavé, le pas bien assuré, déplorant les valeurs qu'on laisse aller auvent, maudissant et le ciel et la terre de cette époque de misère. Prisonniers du courant, otages consentants, ils croyaient tout savoir, ignorant l'Existence, l'oeil aveuglé de tant de certitudes. Au milieu de tout cela, toi, tu es venue poser ton doigt de cendre sur mon front pâle, signant l'étoile de l'évidence. J'ai appris, au fil de ta lumière, ce que l'homme n'avait jamais pu m'enseigner. Oui, tu me l'as dit tout bas : se résigner n'est pas mourir, mais élargir l'espace de sa liberté. Parce qu'il n'est rien qu'on dompte, pas même ce temps qu'occultent nos conquêtes, parce que finalement, on traque la vie avec au bout des doigts d'étranges filets à papillons.

Taarija Je revoie tes rues chauffées à blanc par un soleil rougeoyant, le tumulte des véhicules entre lesquels se faufilent piétons, vélos et motocyclettes couvre le battement de ton coeur qui cogne non loin de là. C'est le son de la taarija et du bendir Musique_04qui frappe les rares instants de silence et réveille ta poussière. Je suis présent à Marrakech. Une drôle d'intimité se noue entre nous. La nuit défait sa sombre chevelure à l'appel des secondes puis, dans un soupir, étire jusqu'à la place Djemaa el Fna ses maigres jambes de danseuse étoile.Le souffle suspendu, tu laisses venir en toi ce crépuscule troublant, aux lèvres fraîches et aux reins étoilés.Place4_1 En quête d'air, en quête d'oubli, je m'offre à toi sans souci. Là-bas, la ferveur monte.  la place Djemaa el Fna commence à s'animer, une foule multicolore, rassemblée en un vaste spectacle donne sa représentation de ta culture prégnante, trésor caché : tu es le coeur du monde. Et moi, assis au bord de ta place délivrée de chaleur, j'ai des rêves de métamorphoses; parce que mes mains sont creuses, parce que je n'ai qu'une lettre pour célébrer ton corps et des larmes pour nourrir tes sources, parce que je ne suis qu'une vie et toi l'éternité. Mon héroïne, ma déesse, il me reste les mots, à défauts de caresses célestes, pour partager nos noces. J'ose enfin réaliser l'étreinte au fil de ces phrases, l'inespérée étreinte, où ma voix s'enchaîne à son souffle et où mes yeux s'emplissent tout à coup de ton image, à chaque verbe, à chaque espace. Étrange acte d'amour, en vérité, qui unit pour un instant encore mes dérives poétiques à ton immensité.

Masque_3 Au-delà des gouffres absolus que le passé bâtit, au-delà des possibles et de mon masque blanc, au-delà des raisons et des tristes logiques, vastes prisons, je te déclare ma flamme, ô ma terre superbe, mon ancrage lointain.

Entre tes bras seulement, j'ai su m'abandonner, sans que jamais le doute ne surgisse à l'aube du lendemain. Enfin, j'ai pu fermer les yeux sans que m'aveugle la lumière du matin, enfin j'ai pu avouer les mots de mon coeur, sans craindre la trahison, la fuite et les questions. Les hommes ont encore tant à apprendre de toi.Dunes_1  Aujourd'hui, je construis ma route, à l'aune de nos enivrements. Seule l'absence vient encore charrier ses pointes acérées sur le cours de mes veines et ma chair pâlie se languit du soleil, d'harmattan et de toi. Sans doute, une autre nuit, à une autre heure, je reviendrai respirer tes fragrances solaires, me ruiner de couleurs pour mieux peindre les tiennes et puis, qui sait, m'asseoir pour toujours en ton coeur, sans connaître d'autre drame que celui du jour qui s'éteint et du vent pris dans les contours de ton visage.

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bkwig8
13/03/2010 17:26:30

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Je me nomme DOUMDE M. GEORGESe...
doumde m.georges | 30/09/2006 17:14:00

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hier je suis allée voir un fil...
31/12/2005 12:51:00

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Oui...moi aussi je sens cela, ...
11/12/2005 00:24:00

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Noire de coeur, blanche est mo...
17/10/2005 06:19:00

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