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De la danse Africaine.
Parlons un peu de la danse Africaine, ou plutôt des danses Africaines. Car nous ne sommes pas sans savoir qu'il n'y a pas une, mais plusieurs danses Africaines.
En Afrique, la danse change en fonction des régions .
Et, dans une même région, on peut distinguer toute une diversité de danses, même si on peut rencontrer une certaine similitude dans les mouvements. En particulier, les mouvements qui sollicitent la zone du bassin.
Une même trame cependant relie toutes ces danses : le sens et l'essence.
La danse Africaine est une thérapie. C'est la thérapie d'ancrage, comme j'aime bien la nommer. Cette thérapie d'ancrage permet l'ancrage dans la Terre, l'ancrage dans l'Etre. C'est l'acceptation du monde de la matière, en faisant de lui un allié plutôt qu'un ennemi, dans l'expérience de nous-mêmes.
Elaborons un peu. Prenons l'exemple de ZEBOLA, rythme et danse de la région de l'équateur en RDC. Dans ce mot, nous avons le ZE, diminutif de ZEZE, qui explique l'état de quelqu'un qui a perdu la tête, qui a perdu la raison ; le BO qui désigne le collectif ; le LA, qui est la voie, la justesse. ZEBOLA est donc une thérapie qui permet collectivement ( BO ), de faire revenir quelqu'un qui n'est plus dans son état d'être ( ZEZE ), dans sa voie, dans sa justesse ( LA ). Car, comme on le sait, un corps malade, est un corps qui n'est plus dans son axe. C'est un corps déséquilibré. Ainsi, tous les mouvements de danse et de chant qui sont exécutés lors d'une cérémonie de ZEBOLA, font partie intégrante du rituel qui accompagne la guérison. Il en est de même pour la danse des jumeaux ( Mapasa), de la danse de la pêche ( qui symbolise la quête de notre être intérieur), de la danse de la cueillette ( qui symbolise la reconnaissance et l'affirmation de nos qualités intérieures). Tourner le bassin (mouvement de cercle), c'est proclamer
le UN en soi, et son unité avec le créé et l'incréé ; faire le mouvement qui indique l'infini avec le bassin, c'est proclamer son infinité et son immortalité, etc…
Tout ceci devrait être fait avec conscience, et avec l'omniprésence de la grande énergie qui lie tout. Elle s'appelle Amour (BOLINGO : qui vient du verbe KOLINGA, dont la traduction en Français est le verbe LIER)
La matière cohabite avec le spirituel. Ce ne sont pas deux mondes qui s'affrontent, mais deux mondes qui coopèrent. L'un ne va pas sans l'autre.
Je disais que les mouvements du bassin ou des hanches sont les mouvements que l'on rencontre souvent dans les danses africaines. Ceci n'est pas un acte fortuit. Sachez que dans cette zone se trouvent notre créativité et notre ancrage dans la matière, dans la terre. Quand on sollicite cette zone en dansant, c'est toute notre créativité que l'on stimule. La pulsion du mouvement du bassin part d'un point juste en bas du nombril, jusqu'au coccyx. Le coccyx joue un rôle important dans le mouvement du bassin. C'est l'équerre. Quand on tourne le bassin, la pulsion part bien sûr en bas du nombril, mais c'est le coccyx qui oriente le mouvement, et l'exécute. Au niveau du coccyx se logent notre spontanéité, notre innocence, notre équilibre, et notre sagesse. A voir comment une personne utilise son bassin, on peut savoir où il en est avec lui-même, avec son intériorité, avec son humanité. La zone du bassin est une zone très sensible émotionnellement. Etre bien dans son bassin, c'est être bien dans son rapport créateur dans la matérialité, c'est affirmer consciemment le rôle le plus important de notre mission terrestre, celui de spiritualiser la matière.
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