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Makéba vu par Klein
La Cinémathèque algérienne inaugure, à partir du mercredi 19 novembre, «les Mercredis de la cinémathèque», à la Filmothèque Zinet avec la projection d’un film culte.
Le Festival panafricain d’Alger de 69 donne à voir un impressionnant public d’hommes, de femmes et d’enfants curieux et gais, il se termine par une séquence éblouissante avec Myriam Makeba, suivie par une improvisation du sextet d’Archie Shepp pris par la fièvre de percussions et de ghaitas d’une troupe Aissaoua. L’image est légendaire, que ce soit sur des magazines ou sur internet, cette légendaire photographie immortalisant le saxophoniste de jazz et la troupe locale reste dans l’histoire de la musique et surtout rappelle que l’Algérie avait connu de belles années.
C’est en tout cas ce que témoigne le film de William Klein. Sélectionné dans le cadre des «Mercredis de la cinémathèque» pour rendre hommage à la Mama d’Afrique qui nous a quittés récemment, Miriam Makéba. Cet hommage vient juste après celui rendu à Johannesburg, en début de semaine, où hommes politiques, musiciens et artistes sud-africains se sont rassemblés pour tirer leur révérence à cette chanteuse et militante. Libre, elle était. Libre est le chant qui redonnait espoir à une nation divisée et à un continent meurtri par l'injustice engendrée par l'apartheid. Elle continua son combat pour l'humanité, et nous a démontré sa ténacité et son talent.
William Klein était un artiste engagé dans de nombreuses causes. Peintre, photographe, cinéaste, graphiste, promoteur d’un art de la libération qui fait de la ville le grand théâtre d’une création protéiforme, Klein s’est toujours évertué à mélanger les variétés et les supports. Etabli de longue date en France, Klein est né en 1928 à New York. C’est en 1947 que l’étudiant de sociologie qui voulait devenir peintre s’éprend de Paris où il effectue un premier séjour alors qu’il est mobilisé en Allemagne. William Klein entre ensuite dans l’atelier de Fernand Léger et réalise une première exposition à Milan et Bruxelles en 1951. «Fernand Léger m’a fait comprendre, dira Klein, que la peinture était anachronique, qu’elle engendrait des œuvres ridiculement précieuses et chères. La photo me parut alors le meilleur moyen de restituer mon époque.» Il poursuit son œuvre à travers plusieurs moyens et courts métrages, jusqu’à ce fameux juillet 1969, où Klein est allé filmer le 1er Festival panafricain d’Alger. À cette époque La Blanche était devenue la Cité des révolutionnaires. Klein profitera de la présence d’Eldridge Cleaver, pour réaliser un portrait du dirigeant des Black Panthers alors exilé à Alger.
La manifestation gigantesque dédiée à l’Afrique se renouvèlera prochainement, du 5 au 20 juillet 2009, avec la réédition du Panaf. La projection du film de William Klein est une très bonne occasion pour comprendre pourquoi le Festival Panafricain de 1969 était un succès.
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