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La vie privée empêche parfois la survie de certaines
initiatives. Plusieurs fois, sur Internet ou dans la presse malgache, voire
ailleurs encore, j’ai tenté de suivre d’aussi près que possible l’actualité
culturelle de la Grande Île. Aujourd’hui, je m’y recolle, sous la forme
désormais inévitable du blog, c’est-à-dire en toute liberté et subjectivité –
quoique je n’aie jamais eu l’impression de faire autre chose.
Aujourd’hui, Roséliane et Eusébia, les deux filles de
Jaojoby, présentaient en conférence de presse le concert dont elles sont,
demain soir, les vedettes au CCAC (le Centre culturel français de Tana, baptisé
Centre culturel Albert Camus). Troisième carrière pour les jeunes femmes qui
ont commencé toutes petites à danser avec leur père, avant de l’accompagner
comme choristes et de fonder, avec leur frère Anderson, Jaojoby Jr. Une affaire
de famille, en somme, un clan soudé autour de la musique et plus
particulièrement du salegy, rythme du nord qui a contaminé tout le pays depuis
longtemps et gagne de plus en plus de terrain à l’étranger.
Troisième carrière, puisque Taly tsara (Belles tresses) est
le nom du nouveau groupe qui monte sur scène pour la première fois sur scène
demain soir, mené cette fois par Roséliane et Eusébia. Une avant-première
mondiale, comme le disait Guy Maurette, directeur du CCAC, puisque le disque ne
sortira que dans une quinzaine de jours. Un petit problème de santé a empêché
Roséliane de tenir les délais dans l’enregistrement de sa voix.
Des voix qui veulent compter et se faire entendre pour
elles-mêmes : il y aura, en première partie du concert, cinq chants
traditionnels a capella, et des danses tout aussi traditionnelles. La deuxième
partie sera consacrée aux onze titres du prochain album, parmi lesquels il n’y
a pas que du salegy, écrits et composés par les deux sœurs. Qui ne mettent pas
les mains à la pâte pour la première fois : elles avaient déjà composé
pour Jaojoby Jr.
Et le papa, dans tout ça ? Roséliane est très claire :
« C’est sûr qu’il sera là pour voir ses filles mais il ne montera pas sur
scène et le nom de Jaojoby n’est d’ailleurs mentionné nulle part. Mais il suit
ce que nous faisons et il nous donne des conseils, qui sont très précieux, que
nous écoutons. »
Comme le disque, les tresses ne sont pas encore prêtes :
Roséliane cache ses cheveux sous un foulard ; Eusébia arbore une de ces
coiffures dont elle a le secret, tous cheveux au vent. On verra les tresses, on
entendra la musique demain. Surtout la musique, d’ailleurs, qu’on attend avec
une certaine impatience.
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